La Maison Hantée : en direct du Tribunal d’Instance

Ce matin 8 février 2017, nous sommes encore une fois dans cette salle B du tribunal d’Instance de Montpellier. Une petite dizaine, trois lieux réunis sur ces bancs un peu trop bien connus, accompagné d’une cagette de viennoiseries de rékup.Étrangement, la salle semble tendue alors que nous blaguons entre deux bouchées et la lecture du Canard.
« – ACM contre Mr… »
« – ACM contre Mme… »
« – SERM contre … »

Conciliateur AimableC’était donc pour ça la tension… La moitié de la salle se vide d’une traite et part avec quelques avocats et un « conciliateur ». ACM Habitat, ou l’Office Public de l’Habitat Montpellier Méditerranée Métropole semble avoir fait un tir groupé, peu avant la fin de la trêve hivernale. La SERM (Société d’Aménagement de l’Agglomération de Montpellier) semble faire de même mais c’est moins surprenant, l’expulsion en plein hiver ne leur a jamais fait peur.

Moins d’une heure et demis après l’heure de la convocation, c’est au tour des habitants de La Maison Hantée, contre la société Roxim, d’être appelé à la barre. L’avocat de la société prend la parole : le passé de la maison déjà squatés quelques fois est évincés, elle est presque présentée comme un fort imprenable afin d’appuyer le caractère presque « professionnel » de l’intrusion. C’est flatteur, mais tout de même…
Il continue en citant l’intervention de l’huissier mandaté par Roxim pour constater l’occupation accompagné de la Police mais se garde bien d’expliquer la technique :
L’huissier entre,  forçant le passage grâce aux bleus l’accompagnant, fait signer les assignations au tribunal déjà prêtes. Le constat d’occupation, déjà prêt également sera daté du jour. Facile.

L’avocat explique l’urgence (et donc la procédure de référé) par le « projet habitat social » entrepris par Roxim. Argument déjà utilisé quelques années auparavant pour de précédents squateurs de cette même maison. Devant cette urgente villa et son jardin de plusieurs centaines de mètres carrés, à caractère social bien sûr, on ne peut que s’incliner.

Après quelques courbettes de circonstances (« expulsez-les, c’est pour leur bien »), c’est à notre avocat de s’exprimer.
Celui-ci plaide le Droit au Logement, droit constitutionnel s’il en est, la précarité des occupants et l’absence d’urgence pour le propriétaire, accompagné par des moue régulières de la partie adverse et l’oreille distraite du juge.

Bref, en 10 minutes c’est plié, pas étonnant. Et rendez-vous pris pour la décision le 1er mars.

Bref 2, un conseil, à choisir entre un procès et une pièce de théâtre : venez voir les pièces dans nos lieux, c’est tout aussi gratos, mais il y a moyen d’être surpris a la fin…

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